Thème « godefroy »
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DIONNE. Le Parler populaire des Canadiens français, 1909
Aboiteau, n. c.
Mot de provenance acadienne, qui signifie digue. Nous trouvons dans Littré, (vol. suppl.) «Aboteau, barrage, obstacle mis au cours de l'eau dans la Saintonge. Etymologie: a et bot qui signifie une digue, suivant le glossaire Aunisien.» La Saintonge, pays natal de Samuel Champlain, fondateur de Québec, a fourni à l'émigration française en Acadie un bon nombre de ses enfants. F. Godefroy, dans son Lexique de l'ancien français, cite le verbe aboiter qui signifiait tromper. Tromper la mer ou un fleuve au moyen d'une digue, ne serait pas après tout si mal; de là, pourrait-on dire, un aboiteau. Le mot Saintongeois est aboteau, petit batardeau fait pour retenir l'eau; d'abotare de basse latinité. Du Cange lui donne un sens juridique: abotum, abotamentum.
Voir la définition du mot aboiteau.
Arrainement, n. m.
Mise en accusation, au terme de la cour criminelle. Vieux mot français introduit, comme bien d'autres, dans la procédure anglaise au temps de la conquête de l'Angleterre par les Normands. En le refrancisant, nous ne faisons que prendre notre bien, notre butin, comme disaient les Normands, et comme nous disons nous-mêmes. Le verbe araisnier, cité par Godefroy, est un ancien mot qui signifiait adresser la parole, accuser, assigner. C'est bien l'origine du mot anglais arraignment. On avait dans le même temps le mot araisnement, action d'adresser la parole.
Voir la définition du mot arrainement.
Avocasser, v. a.
Défendre, appuyer une théorie.
Le mot avocasser était l'une des expressions favorites de Sir George-Etienne Cartier. Nous trouvons dans Godefroy le mot avocassage pour signifier l'art de plaider, la profession d'avocat, et avocacion, plaidoyer, office d'avocat. L'Académie a admis avocasserie, en 1877, et avocasser est français et signifie exercer obscurément la profession d'avocat.
Voir la définition du mot avocasser.
Chatonner, v. n.
Marcher en titubant. Ex. Cet enfant commence à chatonner, c'est-à-dire marche comme les petits chats. Expression d'origine acadienne. Vieux mot français cité par Godefroy, qui signifiait, en son temps, marcher à quatre pattes comme un chat.
Voir la définition du mot chatonner.
No, n. m.
Entrailles d'une morue. Nous trouvons dans Godefroy: «No, les entrailles, le foie et la langue d'une morue.»
Voir la définition du mot no.
Pacan, n. m.
Paresseux, lourd, grossier. Ce mot semble dérivé de paganus, villageois romain, d'où a été tiré païen. Les pagani s'étaient faits chrétiens plus lentement que les gens des villes. De paganus vient peut-être aussi le mot pékin dont se servent les troupiers français pour parler des bons gars. On connaît la réponse de M. de Talleyrand à un militaire à qui il avait demandé ce que voulait dire ce mot de pékin. «Nous appelons pékin tous ceux qui ne sont pas militaires.» «C'est comme nous, aurait dit Talleyrand, nous appelons militaires tous ceux qui ne sont pas civils.» On trouve dans Godefroy le mot pacant, homme du pays.
Voir la définition du mot pacan.
Picote, n. f.
Variole, petite vérole. Godefroy donne picote pour petite vérole. Ce mot nous vient de France. Un de ses principaux attributs est de bien dépeindre les effets de cette terrible maladie.
Voir la définition du mot picote.