Thème « canadien »
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DUNN. Glossaire franco-canadien, 1880
ACCESSION.
Bossuet ayant écrit Accession au trône, on pardonnera aux Canadiens
d'avoir dit si souvent Accession au pouvoir. Par esprit de
conciliation, ils diront désormais Avènement.
Voir la définition du mot accession.
BABICHE.
En fr., Espèce de petite chienne à longs poils. En canadien pop.,
Lanières de peau de mouton, de chevreuil, de caribou ou d'orignal, avec
lesquelles on coud les souliers sans semelle faits à domicile.
Voir la définition du mot babiche.
BILLOT.
Sig. gros tronçon de bois cylindrique, une espèce d'appui ou d'établi
pour différents ouvriers. Dans l'acception canadienne, Arbre divisé en
tronçons de douze pieds, pour être transporté dans les scieries et là
débité en planches. V. Plançon.
Voir la définition du mot billot.
BORDAGES.
"La débâcle est faite, mais les bordages tiennent encore; Le pont de
glace ne s'est pas formé, il y a seulement des bordages." Ce mot fait
bien comprendre ce qu'on veut dire, il est donc excellent. Mais, le
dictionnaire ne le donne, pas avec cette acception canadienne.
Voir la définition du mot bordages.
BORDÉE.
Bordée de neige est une locution toute canadienne; conservons-la, elle
est aussi logique que Bordée d'injures.
Voir la définition du mot bordée.
CAGE.
Train de bois flottant, radeau. "Travailler sur les cages." Mot du crû
canadien que personne ne pouvait inventer à notre place; gardons-le.
Voir la définition du mot cage.
CAHOT.
Saut que fait une voiture en roulant sur un terrain inégal
(Bescherelle). Le cahot canadien est bien autre chose; c'est un trou
dans nos chemins d'hiver, large comme le chemin lui-même, et plus ou
moins long et profond, dans lequel la voiture plonge brusquement pour en
ressortir plus ou moins vite, selon l'allure du cheval. L'occupant de la
voiture est chaque fois sérieusement cahoté; de là le mot.
Voir la définition du mot cahot.
CÂILLETTE.
En fr. syn. de Commère. La plupart des fermiers canadiens ont une
vache appelée Caillette, parce qu'elle est marquée blanc et couleur
foncée.
Voir la définition du mot câillette.
CAPOT.
"Etre capot, faire capot," est correct; mais ce mot ne désigne pas en
fr. un habit. Il semble difficile, cependant, de remplacer le bon
capot canadien par un pardessus, un manteau, une capote, une
houppelande, un paletot, un surtout, une redingote.
Voir la définition du mot capot.
CASQUE.
Arme défensive qui garantit la tête et sert de coiffure, dit l'Académie.
Hais l'Académie aurait ajouté "Bonnet de fourrure, bonnet fourré," si
elle avait su que le casque canadien est une arme défensive contre le
froid, avec toutes les apparences d'un vrai casque à poil français.
Voir la définition du mot casque.
CATALOGNE.
Non fr., mais bien canadien. Bande de tapis fait à domicile avec de la
penille de toutes couleurs. V. Penille. "Catalogne" vient sans doute
de Castelogne, sorte de couverture de lit, dit Bescherelle, fait sur
le métier des tisserands avec de la laine très fine.
Voir la définition du mot catalogne.
CENTIN.
Monnaie de cuivre, centième partie de la piastre ou dollar. Vaut mieux
que Cent (prononcez ceinnte) qui est angl. Mais les Français des
Etats-Unis ont résolu la question mieux que nous; ils appellent Sou le
Cent américain ou canadien. Nous devrions faire comme eux, d'autant plus
que notre sou, ancien cours, n'a pas d'existence légale et qu'il est à
la veille de disparaître complètement de la circulation.
Voir la définition du mot centin.
CHANTIER.
N'est que canadien dans le sens d'Exploitation forestière: "Faire
chantier, Aller dans les chantiers, Les hommes de chantier." Ce mot est
un exemple de la nécessité où nous sommes parfois de forcer la langue
française à se plier à nos exigences locales; cette nécessité constitue
un droit.
Voir la définition du mot chantier.
CROSSE.
Non fr. dans les acceptions que nous lui donnons: 1° Le jeu de crosse,
qui nous est venu des Indiens, et dont les Anglo-canadiens ont fait un
mot ridicule, Lacrosse game, 2° Bâton courbé par le bout et garni de
cordes à boyaux, et qui sert, dans la partie de crosse, à lancer la
balle au but. En France, on dirait probablement Raquette. V. ce mot.
Voir la définition du mot crosse.
D.
On serait tenté de dire que le d n'existe pas dans la langue
franco-canadienne, car, dans la prononciation, nous remplaçons cette
lettre par une autre qui renferme un son sifflant et que l'on pourrait
indiquer par dz. Bien peu de personnes au Canada prononcent
correctement le verbe dire. Nous prononçons dzire. Cet accent passe
inaperçu chez nous, mais écorche l'oreille de l'étranger. C'est dans les
écoles primaires qu'il nous faut commencer à le combattre.
Voir la définition du mot d.
DÉBENTURE.
Non fr. On appelait autrefois Debentur, s. m., une Quittance donnée au
roi par certains officiers de la cour. Le mot angl. Debenture, qui
est passé dans le langage canadien, sig. Obligation, bon ou billet au
porteur avec intérêt de tant pour cent, souscrit par un gouvernement,
une corporation, une Cie. de chemin de fer, etc.
Voir la définition du mot débenture.
FROID.
Prendre froid est une loc. canadienne. Avoir froid. N'avoir pas
froid aux yeux, c'est avoir de l'assurance, de la résolution, de la
hardiesse. Ctre. de la Fr.
Voir la définition du mot froid.
I.
Pour Il, ils, y, lui. I court, i marchent. Nor., Pic. et Ctre. de la
Fr. Il y a peu de Canadiens qui ne commettent cette faute. Nous faisons
des phrases baroques comme celles-ci: "I dit que si tu veux, i ira.
Je l'ai vu, et j'i ai parlé."
Voir la définition du mot i.
MOUILLER.
Le plus canadien des mots; même dans la classe instruite, on dit presque
toujours comme en Bretagne et dans le Poitou: "Il va mouiller," pour Il
va pleuvoir. Nous disons avec plus de raison: Il s'enrhuma pour s'être
mouillé.
Voir la définition du mot mouiller.
OFFICE.
Pourrait à la rigueur désigner la Dépense dans les maisons
canadiennes. Angl., pour Etude d'avocat, de notaire, &c, Bureau d'un
ministère, d'une maison de commerce, de la poste, &c, Cabinet de
travail.
Voir la définition du mot office.
ON.
Pour Nous. Cette faute est caractéristique du langage canadien. En
France, elle nous dénonce aux premiers mots que nous prononçons; "Un tel
est venu me voir, puis on a décidé l'affaire," pour Nous avons
décidé.
Voir la définition du mot on.
PORTAGE.
Enfin, voilà un mot canadien auquel l'Académie accorde l'hospitalité; il
est vrai qu'il date de Champlain. On lit dans la 7e et dernière édit. du
Dict. de l'Acad., vol. II, p.461:
Faire portage, se dit en parlant De certains fleuves, comme celui de
Saint-Laurent, où il y a des sauts qu'on ne peut remonter ni descendre
en canot; et signifie, Porter par terre le canot, et tout ce qui est
dedans, au delà de la chute d'eau.
"Portage, se dit aussi Des endroits d'un fleuve où sont des chutes
d'eau, qui obligent à faire portage. Depuis Québec jusqu'à Montréal, il
y a tant de portages."
Tout en remerciant l'Académie d'avoir pensé à nous, il est bon de faire
remarquer que s'il y avait des portages entre Québec et Montréal, il
faudrait portager (le mot est usité) des steamers transatlantiques, ce
qui ne laisserait pas de présenter certaines difficultés.
Voir la définition du mot portage.
POUDRERIE.
Neige soulevée en poudre par le vent: poussière de neige. Le mot est
pur franco-canadien, et c'est le chef-d'oeuvre de notre langue.
Voir la définition du mot poudrerie.
RAQUETTE.
Can. Machine en forme de raquette à jouer, qu'on s'attache aux pieds
pour marcher plus facilement sur la neige (Littré). Certaines chaussures
que quelques peuples du Nord attachent à leurs pieds pour marcher plus
commodément sur la neige, et qui sont faites à peu près en forme de
raquette (Acad). La raquette canadienne a la forme d'un cerf-volant.
Voir la définition du mot raquette.
RESPONSABLE.
Dans le sens de Solvable, et dans celui de Ayant la position ou les
qualités voulues, est un angl. "Responsable à la postérité, au
peuple," est excellent. "Gouvernement responsable," dans le sens de
Gouvernement de la responsabilité ministérielle, se lit très souvent
dans la presse française du jour; le mot, je crois, est du crû canadien.
Cependant Napoléon Ier a dit: "Le pouvoir absolu n'a pas besoin de
mentir; il se tait: le gouvernement responsable, obligé de parler,
déguise et ment effrontément."
Voir la définition du mot responsable.
SUCRERIE.
Lieu où l'on fait le sucre, ou Raffinerie, dit le dict. Pour nous, c'est
Une forêt d'érables, avec une ou plusieurs cabanes au milieu et tout le
matériel nécessaire à la fabrication du sucre. Ce mot et tous les autres
termes techniques de l'industrie du sucre d'érable, tels que Brassin,
goudrelle, toque, tire, trempette, entailler, faire couler, sont, pour
nous, aussi français que père et mère; ils sont des premiers que
nous ayons appris dans notre enfance. Ils ne sont pas dans le dict., ou
si quelques-uns s'y trouvent, ce n'est pas avec l'acception canadienne.
Comment la France pouvait-elle nous transmettre la langue d'une
industrie qui n'existe pas chez elle, dont elle n'a pas la moindre idée?
N'est-ce pas à nous plutôt de lui fournir cette langue, et ne doit-elle
pas en enrichir son dictionnaire?
Voir la définition du mot sucrerie.
T.
Au t comme au d les Canadiens-fr. donnent un son sifflant. Nous
mettons trois s dans turlututu. Cet accent n'est pas simplement
populaire; il est général dans le pays. V. D et Q.
Voir la définition du mot t.
TUQUE.
Can. 1° Bonnet de coton. 2° Coiffure ordinaire de l'habitant canadien du
dernier siècle. Il y a 50 ans, les Anglo-Canadiens appelaient
Tuques-bleues les Franco-Canadiens.
Voir la définition du mot tuque.
DIONNE. Le Parler populaire des Canadiens français, 1909
Dionne, 1909, Le parler populaire des Canadiens français
Voir la définition du mot ##name.
Amérique, n. f.
Pour les Canadiens-Français en général, l'Amérique se confond avec les Etats-Unis. Partir pour l'Amérique, c'est traverser la ligne frontière entre le Canada et les E.-U.
Voir la définition du mot amérique.
Anglifier (s'), v. pr.
S'angliciser. Ex. Les Canadiens-Français n'ont pas l'air décidés de s'anglifier de sitôt.
Annexion, n. f.
Incorporation des Canadiens au peuple de la république des Etats-Unis.
Voir la définition du mot annexion.
A quat'pattissement, n. m.
Le fait d'être à quatre pattes devant les pouvoirs publics, a fait naître ce barbarisme qui n'a pas d'égal dans la langue, à l'exception peut-être du mot struggleforlifer dont les Canadiens-Français ne sont pas responsables.
* Arlepatte, n. m. (Angl.)
Autre corruption du mot anglais hornpipe, danse très en vogue autrefois parmi nos Canadiens.
Voir la définition du mot arlepatte.
Baptiste, n. m.
Nom donné à tout Canadien-Français. Ex. Paie, Baptiste!
Voir la définition du mot baptiste.
Bastonais, n. m.
Bostonais, citoyen de la ville de Boston. Sous le régime français les Bastonais, c'est-à-dire les Anglais de la Nouvelle-Angleterre, étaient fort redoutés de nos Canadiens.
Voir la définition du mot bastonais.
Câline, n. f.
Espèce de bonnet rond, noué sous le menton, dont nos Canadiennes se servaient beaucoup dans le temps passé. La mode semble en vouloir disparaître.
Voir la définition du mot câline.
Canayen, enne, n. et adj.
Canadien, enne. Ex. Les Canayens sont pas des fous, partiront pas sans prendre un coup.
* Cannuck, kannoque, (m. a.)
Nom donné aux Canadiens-Français par les Anglais.
Voir la définition du mot cannuck.
Clavigraphe, n. m.
Dactylographe, machine à écrire. Ce mot, de création canadienne, n'a pas fait fortune. Cependant on s'en sert encore en Canada.
Voir la définition du mot clavigraphe.
Créature, n. f.
Femme. Ex. Je vais me promener aux Etats, j'amène ma créature avec moi. Je me suis souvent demandé, disait M. Chauveau, si les sermons sur les dangers de s'attacher trop fortement aux créatures ne formaient pas l'origine de cette expression bien canadienne. M. Chauveau se trompait, car le mot créature pour femme se dit en Normandie.
Voir la définition du mot créature.
Croix de Saint=Louis,
--Plante qui croît à travers les blés.
--Ce n'est pas de la croix de Saint-Louis, cet homme ne vaut pas grand'chose, il ne ressemble aucunement aux chevaliers porteurs de cette croix. Sous le régime français, ce genre de décoration était très en vogue, même parmi les Canadiens.
Dessein (sans), loc. adv.
Sans plan arrêté. Le D^r J.-C. Taché a écrit dans sa Légende de Cadieux: «Sans dessein est la traduction d'une expression sauvage qui veut dire sans plan arrêté, sans souci, sans soin, sans but particulier, sans signification.» L'expression paraît assez dans le génie de la langue et dans le caractère du langage canadien, pour qu'elle s'explique sans recourir à une traduction du sauvage.
Diseur, n. et adj.
Raconteur. Ex. C'est un beau diseur que ce Français qui a donné une lecture à l'Institut-Canadien.
Voir la définition du mot diseur.
Fricot, n. m.
--Mets particuliers aux cuisinières canadiennes, et dont le mot fricot, pris généralement, couvre la variété.
--Festin, dîner où sont conviés les parents et amis à l'occasion d'une fête de famille, d'une noce, etc.
--Confusion, désordre, pêle-mêle.
En France, fricot signifie bombance; c'est le plat qui résulte de l'action de fricoter.
Voir la définition du mot fricot.
Godendard, n. m.
--Grande scie qui sert à tronçonner ou à fendre le bois dans le sens de sa longueur.
--Homme très ennuyeux. Depuis que l'on dit: c'est une scie, pour une homme ennuyeux, on a trouvé pour qualifier un homme très ennuyeux l'expression: c'est un godendard. Ce n'est pas du vieux langage canadien, c'est un néologisme populaire greffé sur une importation française. Dans le Perche on dit godendardes. En Normandie, le godenda est une scie de maçon.
Voir la définition du mot godendard.
Jarrets noirs, n. m. pl.
Habitants de la Beauce canadienne, les Beaucerons.--Sobriquet.
Mettre, v. a.
--Mettre dedans, tromper.
--Mettre la puce à l'oreille, avertir.
--Mettre de l'eau dans son vin, se modérer.
--Mettre dans son sac, recevoir des injures.
--Mettre dans de beaux draps, dans l'embarras.
--Mettre les pieds dans les plats, faire une sottise.
--Mettre les mains à la pâte, travailler soi-même.
--Mettre tous ses oeufs dans le même panier, ne pas diviser ses risques.
--Mettre sur les dents, fatiguer.
--Mettre dans sa poche, empocher un affront.
--Mettre de l'argent, en dépenser.
--Mettre une chose à ne pouvoir s'en servir, la rendre inutilisable.
--Mettre sur l'air, chanter justement et correctement d'après la musique. Ex. Si vous avez un tant soit peu d'oreille vous pourrez facilement mettre sur l'air la chanson Vive la Canadienne!
--Mettre tout dehors, employer le vert et le sec.
Voir la définition du mot mettre.
Nationalisme, n. m.
Préférence donnée à ce qui est propre à un parti formé pour sauvegarder les intérêts de la nation canadienne-française. Ex. Le nationalisme de Mercier.
Voir la définition du mot nationalisme.
* Nombrer, v. a. (Angl.)
Etre au nombre de. Ex. Les Canadiens-Français doivent nombrer aujourd'hui trois millions d'âmes.
Voir la définition du mot nombrer.
Percer (se), v. pron.
Creuser une fosse dans la vase, d'environ trois à quatre pieds de profondeur, où le chasseur se blottit pour surprendre le gibier méfiant, comme l'outarde et l'oie sauvage. (De Gaspé, Anciens Canadiens.)
Pinceau, n. m.
Barbiche. Ex. Champlain, fondateur de Québec, portait le pinceau, tout comme beaucoup de Canadiens.
Voir la définition du mot pinceau.
* Ranch, n. m., (m. a.)
Ranche, établissement consacré à l'élève du bétail dans le Nord-Ouest canadien.
Voir la définition du mot ranch.
* Spéculation, n. f. (m. a.)
Exagération. (De Gaspé, Anciens Canadiens, p. 267.)
Voir la définition du mot spéculation.
Thé, n. m.
--Petit thé, thé de Gaulthier.
--Thé canadien, spirée à feuilles de saule.
Voir la définition du mot thé.
Tiaude, n. f.
Mets composé d'un rang de morue fraîche, d'un rang de tranches de lard, superposés alternativement, et qu'on fait étuver. (De Gaspé, Anciens Canadiens.)
Voir la définition du mot tiaude.
* Vindication, n. f. (Angl.)
Rancune. (De Gaspé, Anciens Canadiens, p. 277.)
Voir la définition du mot vindication.
PARLUREQUÉBEC.COM. Dictionnaire de québécismes, 2026
huard
(1) Plongeon arctique. (2) Pièce d'un dollar canadien, parce qu'on y voit un huard. (3) Devise canadienne.
Voir la définition du mot huard.
joual
Français populaire canadien.
Voir la définition du mot joual.
orignal
Élan. Certains dictionnaires décrivent ce mot comme un régionalisme, mais c'est une erreur, sans doute causée par le fait que cet animal ne vit qu'en sol canadien.
Voir la définition du mot orignal.